Point de vue d'Alice
La lumière du soleil me reveille. Putain, où je suis? Dans un canapé, et il y a une fenêtre dont les rideaux ne sont pas fermés. J'ai le soleil en pleins dans le visage. Putain ça me reviens, l'hotel, les Tokio Hotel, le long trajet dans le van, mon père. Mon père putain. Comment j'ai pu ignorer la réalité pendant une journée entière? Ca m'arrangeait bien, d'être embarquée dans cette organisation germanique, j'avais pas le temps de penser. J'étais à 10 mètres au dessus du sol, au dessus de la réalité. Et au reveil, elle arrive comme une baffe. Julia dort encore, le soleil n'est pas assez haut pour l'éblouir. Il est 7h30 du matin. On est en septembre, quel jour, je m'en fiche. Je suis prise d'une colère énorme. Mon père s'est fait tuer par un policier! A cause d'un homme incompétent, mon père n'est plus là. Une douleur immense m'emplis, et je ne peux pas la déchaîner. Encore une foi, je me sens seule, tellement seule. J'allume la télé, et met les infos. Et hop, on parle de mon père. Réalité, réalité, tu me fais si mal.
" Du nouveau sur l'affaire d'avant-hier. A l'exposition d'art conceptuel, un manifestant avait été abbatu par un policier. On ne lui connait aucune famille, mis à part une fille de 18 ans qui aurait refusé d'entendre parler de cette histoire, encore sous le choc. Ses amis qui étaient présents lors du décès ont décidés d'organiser ses funérailles ce soir, à Paris. De nombreuses manifestations ont suivies cet evenement tragique. Monsieur Delval était qualifié d'excentrique, mais de drôle et parfaitement inoffensif. On passe à présent à la météo avec..."
J'éteins la télé en suffoquant, et de nouveau ces larmes acides et incomplètes coulent sur mes joues. Ca va pas, il manque quelque chose. J'ai fait n'importe quoi depuis deux jours. Tout de travers. Je pourrai essayer de prévenir ma soeur, mais j'ai aucune idée d'où elle se trouve. Je réfléchis. Si j'envoies une lettre chez moi, et qu'un jour elle decide de repasser, elle la trouvera. Je pourrai même écrire une lettre par moi, comme un journal, histoire qu'elle sache ce qu'il m'arrive. Tout ça dans l'éventualité qu'elle décide de revenir en France. Elle est sûrement mieux, au milieu des grandes plaines canadiennes, à fumer le calumet avec son amoureux. Loin de toute cette réalité violente qui nous bouffe, nous assome et nous déchire.
Le reveil de Julia sonne, elle se redresse en s'étirant. Elle me vois et me sourit.
- Bien dormi?
Point de vue de Tom
Mmmmh, lit douillet et chaud.
Vrrrr. SMS de David : "debout, journée chargée". Hop, j'obéis, docile. Je me lève, et file directement dans la douche. Tout propre, je me sèche, et essuie la buée de la vitre. Beau gosse. Pas étonnant que toutes les filles soient folles de moi. Oula, par contre je pues de la gueule. Mais flemme immense de me laver les dents. Hop, une pastille à la menthe fera l'affaire! Quand je sors de la salle de bain, je manque un infarctus du myocarde. Bill est assis sur mon lit, la tête encore perdu dans les abysses profondes de son anus. Il est avachis en avant, et fixe ses pieds.
- Salut!
- Hello.
- Je veux pas être agressif de si bon matin, mais t'aurai pu frapper! Immagine j'étais dans un un partage intime avec une belle créature!
- Les caméras sont pas là, arrête de faire le mariol.
- Je parlai de ma main rapport à la belle créature. Et puis c'est le matin, laisse moi dire ce que je veux! Si t'es pas content t'avais pas qu'à venir!
- Je voulais prendre mon petit dèj' avec toi.
- Tu le prend pas au restaurant avec Kim?
- Non...
- Ben pourquoi?
- Parce que...
- Tu te moque de moi? Ecoute je suis flatté que tu veuille partager mon café dans ma chambre, mais habituellement tu des...
- J'ai pas envie de croiser la tarée en bas.
Je me tais et le fixe.
- Fais pas ton gamin Bill, c'est bon, t'as pas à lui parler...
- Nan mais être dans le même périmètre qu'elle ça m'insupporte.
- Mais elle t'a fait quoi?
- Elle est là, c'est tout. Je l'aime pas.
Je hausse les épaules et appelle le service d'étage. Puis je m'affale dans le fauteuil en face de mon frère et pars dans mes pensées.
- Tu la trouves comment?
Je lève les yeux.
- Hein? Qui?
- La tarée.
- Apelle la pas comme ça, ça me fait flipper.
- Ouais, ben la nouvelle...la moche... comme tu veux. Tu la trouve comment?
- Pas mal.
- Mais encore?
- Ecoute j'ai pas d'avis sur elle, et j'ai pas l'intention de m'en forger un, ça te va?
- ...
- Dis donc, pour un gars qui veut passer le plus de temps possible loin d'elle, t'en parle beaucoup!
- C'est pas de ma faute, je la trouve pas normale! Elle me stresse!
- Destresse Billou!
Je me lève et tire les rideaux. Le beau soleil matinal inonde la chambre de sa douce lumière.
- Regarde, il fait beau! Profite, c'est bientôt finit les beaux jours! Te prends pas la tête!
Il me sourit, et nos cafés arrivent.
Point de vue d'Alice.
La journée est passé plus tranquillement qu'hier. Les Tokio Hotel sont allés faire des interviews hors de l'hotel, c'est cool. Le restaurant est tranquille, et je me sens moins tendue. En fin d'après-midi, je demande à Julia si je peux aller faire un tour.
- Biensûr! A ton aise! Mais rentre pas trop tard, ce soir les garçons sont à NRJ, on a notre soirée de libre, tu viendra avec nous! Ca te changera les idées.
- Daccord.
Je prend une veste et je sors. Il doit être 17h00, le soleil a commencé à baisser, mais il fait beau et chaud. Le genre de journée idéale pour un enterrement.
Le cimetière est bondé. Il y a même des cameramen. Je ne connais personne, à part la bande d'amis moustachus du club de Papa. Surtout un, Eric, qui est souvent venu sur la péniche. Il est debout, en train de déclamer un discours, pendant que je vois un cerceuil noir être descendu dans une tombe. Mon coeur se serre, une douleur déchirante, horrible. Je traverse les allées à toute allure pour me frayer un chemin tout devant. Eric a finit de parler. Il baisse les yeux, je sens qu'il est triste. Il retourne dans la foule, pile à côté de moi. Je lui attrape la manche. Il tourne la tête doucement, et nos regards se croisent. Il lache dans un chochottement.
- Alice?
- Oui.
- Oh mon Dieu Alice, est-ce que ça va?...Je...Plus personne n'avais de nouvelles de toi, on pensait que tu n'avais pas été mise au courant! Mon Dieu tu aurai vécu dans une telle angoisse!
Je fond en larme, tremblante. Eric m'attrape dans ses bras. Ca pourrai paraitre peu conventionnel, c'est un ami de mon père, et je le connais peu, mais on oublie les conventions. Tout le monde nous regarde. J'entend des chuchottements. "c'est la fille de Robert Delval?" "mon dieu, elle est toute jeune, pauvre chérie..."
Je me détache d'Eric et regarde tout le monde.
C'est insoutenable, je ne suis pas encore prète. Je pars en courant. Pendant de longues minutes, je cours sans m'arrêter, à travers les rues de Paris, que je ne connais pas. L'air brûle mes poummons, mes larmes coulent, encore et toujours. Finalement, je me retrouve à l'hotel. Il n'y a plus une seule fan. Elles doivent être devant les studios d'NRJ. Je rentre sans difficultés, et vais directement dans la chambre de Julia me doucher, me laver de tout ce chagrin immonde que je n'arrive pas à assumer.
Je ne parle de l'enterrement à personne.
En soirée, on se rend dans un bar. Je me sens de trop. Ils sont tous plus vieux, et parlent tous allemands. Mais le serveur est gentil. Il m'offre une vodka-pomme parce que "le patron n'est pas là". Puisqu'il n'y a pas beaucoup de monde, il s'installe en face de moi.
- Comment tu t'apelles?
- Alice, et toi?
- Pierre. J'ai 19 ans. Tu es allemande? demande t'il en désignant du menton l'équipe qui est installée à ma table.
- Non, je viens du rhône. Je suis à Paris depuis 2 jours seulement, et je travaille avec eux.
- Et tu vas rester à Paris?
- J'en ai aucune idée. Tous ces gens vont retourner en Allemagne d'ici quelques jours, et on devra décider à ce moment là si je les suis ou non.
Je ne donne pas beaucoup de détail, David m'a conseillé de ne pas trop dire que j'étais avec les Tokio Hotel aux français. Mais Pierre n'a pas l'air de vraiment vouloir tout savoir.
- Ben écoute, si jamais tu décide de rester sur Paris et que t'as nulle-part où aller, je cherche un co-locataire pour mon appartement.
Je lui sourit. Il a l'air gentil. A ma gauche, les allemands commencent à se lever. Robin me sourit.
- Aller Alice, on doit rentrer.
Je hoche la tête et me lève. Pierre fait de même.
- Si tu veux qu'on en reparle, je travaille ici tous les soirs, et le samedi toute la journée.
- Daccord, je repasserai! Salut!
La lumière du soleil me reveille. Putain, où je suis? Dans un canapé, et il y a une fenêtre dont les rideaux ne sont pas fermés. J'ai le soleil en pleins dans le visage. Putain ça me reviens, l'hotel, les Tokio Hotel, le long trajet dans le van, mon père. Mon père putain. Comment j'ai pu ignorer la réalité pendant une journée entière? Ca m'arrangeait bien, d'être embarquée dans cette organisation germanique, j'avais pas le temps de penser. J'étais à 10 mètres au dessus du sol, au dessus de la réalité. Et au reveil, elle arrive comme une baffe. Julia dort encore, le soleil n'est pas assez haut pour l'éblouir. Il est 7h30 du matin. On est en septembre, quel jour, je m'en fiche. Je suis prise d'une colère énorme. Mon père s'est fait tuer par un policier! A cause d'un homme incompétent, mon père n'est plus là. Une douleur immense m'emplis, et je ne peux pas la déchaîner. Encore une foi, je me sens seule, tellement seule. J'allume la télé, et met les infos. Et hop, on parle de mon père. Réalité, réalité, tu me fais si mal.
" Du nouveau sur l'affaire d'avant-hier. A l'exposition d'art conceptuel, un manifestant avait été abbatu par un policier. On ne lui connait aucune famille, mis à part une fille de 18 ans qui aurait refusé d'entendre parler de cette histoire, encore sous le choc. Ses amis qui étaient présents lors du décès ont décidés d'organiser ses funérailles ce soir, à Paris. De nombreuses manifestations ont suivies cet evenement tragique. Monsieur Delval était qualifié d'excentrique, mais de drôle et parfaitement inoffensif. On passe à présent à la météo avec..."
J'éteins la télé en suffoquant, et de nouveau ces larmes acides et incomplètes coulent sur mes joues. Ca va pas, il manque quelque chose. J'ai fait n'importe quoi depuis deux jours. Tout de travers. Je pourrai essayer de prévenir ma soeur, mais j'ai aucune idée d'où elle se trouve. Je réfléchis. Si j'envoies une lettre chez moi, et qu'un jour elle decide de repasser, elle la trouvera. Je pourrai même écrire une lettre par moi, comme un journal, histoire qu'elle sache ce qu'il m'arrive. Tout ça dans l'éventualité qu'elle décide de revenir en France. Elle est sûrement mieux, au milieu des grandes plaines canadiennes, à fumer le calumet avec son amoureux. Loin de toute cette réalité violente qui nous bouffe, nous assome et nous déchire.
Le reveil de Julia sonne, elle se redresse en s'étirant. Elle me vois et me sourit.
- Bien dormi?
Point de vue de Tom
Mmmmh, lit douillet et chaud.
Vrrrr. SMS de David : "debout, journée chargée". Hop, j'obéis, docile. Je me lève, et file directement dans la douche. Tout propre, je me sèche, et essuie la buée de la vitre. Beau gosse. Pas étonnant que toutes les filles soient folles de moi. Oula, par contre je pues de la gueule. Mais flemme immense de me laver les dents. Hop, une pastille à la menthe fera l'affaire! Quand je sors de la salle de bain, je manque un infarctus du myocarde. Bill est assis sur mon lit, la tête encore perdu dans les abysses profondes de son anus. Il est avachis en avant, et fixe ses pieds.
- Salut!
- Hello.
- Je veux pas être agressif de si bon matin, mais t'aurai pu frapper! Immagine j'étais dans un un partage intime avec une belle créature!
- Les caméras sont pas là, arrête de faire le mariol.
- Je parlai de ma main rapport à la belle créature. Et puis c'est le matin, laisse moi dire ce que je veux! Si t'es pas content t'avais pas qu'à venir!
- Je voulais prendre mon petit dèj' avec toi.
- Tu le prend pas au restaurant avec Kim?
- Non...
- Ben pourquoi?
- Parce que...
- Tu te moque de moi? Ecoute je suis flatté que tu veuille partager mon café dans ma chambre, mais habituellement tu des...
- J'ai pas envie de croiser la tarée en bas.
Je me tais et le fixe.
- Fais pas ton gamin Bill, c'est bon, t'as pas à lui parler...
- Nan mais être dans le même périmètre qu'elle ça m'insupporte.
- Mais elle t'a fait quoi?
- Elle est là, c'est tout. Je l'aime pas.
Je hausse les épaules et appelle le service d'étage. Puis je m'affale dans le fauteuil en face de mon frère et pars dans mes pensées.
- Tu la trouves comment?
Je lève les yeux.
- Hein? Qui?
- La tarée.
- Apelle la pas comme ça, ça me fait flipper.
- Ouais, ben la nouvelle...la moche... comme tu veux. Tu la trouve comment?
- Pas mal.
- Mais encore?
- Ecoute j'ai pas d'avis sur elle, et j'ai pas l'intention de m'en forger un, ça te va?
- ...
- Dis donc, pour un gars qui veut passer le plus de temps possible loin d'elle, t'en parle beaucoup!
- C'est pas de ma faute, je la trouve pas normale! Elle me stresse!
- Destresse Billou!
Je me lève et tire les rideaux. Le beau soleil matinal inonde la chambre de sa douce lumière.
- Regarde, il fait beau! Profite, c'est bientôt finit les beaux jours! Te prends pas la tête!
Il me sourit, et nos cafés arrivent.
Point de vue d'Alice.
La journée est passé plus tranquillement qu'hier. Les Tokio Hotel sont allés faire des interviews hors de l'hotel, c'est cool. Le restaurant est tranquille, et je me sens moins tendue. En fin d'après-midi, je demande à Julia si je peux aller faire un tour.
- Biensûr! A ton aise! Mais rentre pas trop tard, ce soir les garçons sont à NRJ, on a notre soirée de libre, tu viendra avec nous! Ca te changera les idées.
- Daccord.
Je prend une veste et je sors. Il doit être 17h00, le soleil a commencé à baisser, mais il fait beau et chaud. Le genre de journée idéale pour un enterrement.
Le cimetière est bondé. Il y a même des cameramen. Je ne connais personne, à part la bande d'amis moustachus du club de Papa. Surtout un, Eric, qui est souvent venu sur la péniche. Il est debout, en train de déclamer un discours, pendant que je vois un cerceuil noir être descendu dans une tombe. Mon coeur se serre, une douleur déchirante, horrible. Je traverse les allées à toute allure pour me frayer un chemin tout devant. Eric a finit de parler. Il baisse les yeux, je sens qu'il est triste. Il retourne dans la foule, pile à côté de moi. Je lui attrape la manche. Il tourne la tête doucement, et nos regards se croisent. Il lache dans un chochottement.
- Alice?
- Oui.
- Oh mon Dieu Alice, est-ce que ça va?...Je...Plus personne n'avais de nouvelles de toi, on pensait que tu n'avais pas été mise au courant! Mon Dieu tu aurai vécu dans une telle angoisse!
Je fond en larme, tremblante. Eric m'attrape dans ses bras. Ca pourrai paraitre peu conventionnel, c'est un ami de mon père, et je le connais peu, mais on oublie les conventions. Tout le monde nous regarde. J'entend des chuchottements. "c'est la fille de Robert Delval?" "mon dieu, elle est toute jeune, pauvre chérie..."
Je me détache d'Eric et regarde tout le monde.
C'est insoutenable, je ne suis pas encore prète. Je pars en courant. Pendant de longues minutes, je cours sans m'arrêter, à travers les rues de Paris, que je ne connais pas. L'air brûle mes poummons, mes larmes coulent, encore et toujours. Finalement, je me retrouve à l'hotel. Il n'y a plus une seule fan. Elles doivent être devant les studios d'NRJ. Je rentre sans difficultés, et vais directement dans la chambre de Julia me doucher, me laver de tout ce chagrin immonde que je n'arrive pas à assumer.
Je ne parle de l'enterrement à personne.
En soirée, on se rend dans un bar. Je me sens de trop. Ils sont tous plus vieux, et parlent tous allemands. Mais le serveur est gentil. Il m'offre une vodka-pomme parce que "le patron n'est pas là". Puisqu'il n'y a pas beaucoup de monde, il s'installe en face de moi.
- Comment tu t'apelles?
- Alice, et toi?
- Pierre. J'ai 19 ans. Tu es allemande? demande t'il en désignant du menton l'équipe qui est installée à ma table.
- Non, je viens du rhône. Je suis à Paris depuis 2 jours seulement, et je travaille avec eux.
- Et tu vas rester à Paris?
- J'en ai aucune idée. Tous ces gens vont retourner en Allemagne d'ici quelques jours, et on devra décider à ce moment là si je les suis ou non.
Je ne donne pas beaucoup de détail, David m'a conseillé de ne pas trop dire que j'étais avec les Tokio Hotel aux français. Mais Pierre n'a pas l'air de vraiment vouloir tout savoir.
- Ben écoute, si jamais tu décide de rester sur Paris et que t'as nulle-part où aller, je cherche un co-locataire pour mon appartement.
Je lui sourit. Il a l'air gentil. A ma gauche, les allemands commencent à se lever. Robin me sourit.
- Aller Alice, on doit rentrer.
Je hoche la tête et me lève. Pierre fait de même.
- Si tu veux qu'on en reparle, je travaille ici tous les soirs, et le samedi toute la journée.
- Daccord, je repasserai! Salut!
