Chapitre 5

Point de vue de Bill.

Je me retrouve tout seul dans le van. Les autres sont allés avec la fille dans son bateau de pouilleuse histoire qu'elle se lave, qu'elle se change et qu'elle prépare ses bagages. Non mais quelle diva! Je la deteste, elle a l'air tellement débile. C'est presque bien fait ce qui lui arrive. En plus elle est moche. Et les autres, tous en adulation devant elle. Elle a fait quoi pour ça? Elle s'est trimballé habillée comme une catin à 11 heures du soir. Non mais quelle conne! Bon, ok son père est mort, mais c'est pas ma faute. Et si on avait pas été là, ça serait quand même arrivé. Et au moins on aurait pas eu tous ces inconvénients. Il aurait suffit que le chauffeur accèlère quand le feu est passé au orange, et hop! Georg aurait pas vu qu'elle se fesait agresser. Et Gustav se serai pas pris pour un héro. Je sais pas ce qu'il a avec elle, dailleur ce qu'il a avec tout le monde. Il est irréprochable et ça m'énèrve.
Je vous rassure, je suis pas tout le temps comme ça, mais ce soir il nous arrive merde sur merde et cette fille dont j'ai oublié le nom est une belle merde. En plus le van est tout petit. Si au moins on avait le droit aux magnifiques tourbus des tournées, mais non, en prommo, on a seulement un van qui ressemble plus à un monospace, dans lequel tiennent deux banquettes et deux couchettes. Et on est parti pour dormir à 6 là-bas dedans. Mais pourquoi diable David accepte-t-il de faire le taxi pour cette tarée?
Je me fais chier. Pas de télé, Tom a embraqué sa DS, et je peux même pas jouer à papier-caillou-ciseaux avec Georg. Bon. Les clées tronent fièrement sur le tableau de bord, une idée machiavélique me germe à l'esprit. Je vais... les rejoindre et fermer le van derrière moi.

Je pousse le petit portillon et grimace. La petite passerelle pour atteindre le pont me fais plus penser aux passages qu'emprunte Indiana Jones pour traverser les canyons qu'à un porche de maison. Je tangue, tremblant, posant un pied après l'autre sur le bois qui menace de craquer à tout instant et de me laisser tomber dans la fosse aux requins. Finalement, j'arrive essouflé sur le pont du bateau. Non mais quelle idée d'habiter sur un bateau? C'est un truc de taré ça. C'est décidé, je la surnome la tarée.
Je descend à l'interieur. Waw...pas si pourri que ça, c'est grand et bien décoré. Il y a des photos de la tarée, et d'un homme que je suppose être son père. Les garçons sont assis sur des banquettes confortables, tous les 5. Gustav tend la main vers Tom qui lui passe à regret sa DS.

- Ok, t'as gagné, il a pas tenu 5 minutes. Tu me déçois, frangin, je t'aurait cru plus résistant...T'avais peur, tout seul, dans le van, dans la nuit, dans les rues menaçantes?
- Ta gueule.
- Ta gueule toi-même!
- Non, ta gueule toi-toi-même. Elle fait quoi la tarée?


J'ai toujours le dernier mot.
David me lance un regard réprobateur.

- Fais un effort Bill...Elle va pas bien du tout...t'immagines toi, si tu te fesais agresser, et que t'apprenais juste après que l'un de tes parents était mort?

Je regarde la déco, tout en immaginant ma mère mourir. Inimaginable. Ca serait horrible. Mais malgré tout, je n'arrive pas à ressentir de la compassion pour cette tarée.
Dailleur elle arrive, changée, les cheveux mouillés, une valise à la main. Elle a un regard triste et perdu, et elle parait génée de nous voir tous dans son tout petit salon.

- Euh...je suis prête.

Elle a parlé allemand. Mais maladroit. Je perd patience avec les gens qui parlent mal allemand. Surtout nos fans. Si elles sont fans, elles pourraient au moins faire l'effort de bien parler allemand.
David se met à lui parler anglais.

- T'es sûre de toi? Je veux dire...T'y a réfléchis? Tu abandonne tout comme ça? Je te connais pas, mais je suis pas sûr que ce soit une bonne idée... Tu vas tout laisser? Ta maison, tes études, tes amis?
- Je...je sais pas si vous pouvez comprendre mais...J'ai plus rien qui me rattache ici, et c'est trop dur de rester. Mon père est présent dans chacuns des atomes de ce bateau, et pour les cours, je pourrai même pas trouver la force je...


Sa voix se perd dans sa gorge. David lui pose la main sur l'avant-bras.

- Tu sais...C'est dur pour l'instant...Mais avec le temps ça ira mieux...C'est pareil pour tout le monde...
- Biensûr que je sais... Mais je peux pas...Et puis je voix pas pourquoi vous vous inquiétez pour moi, on se connais pas...Je vous demande juste de me déposer quand on arrivera à Paris.
- Si tu veux. On va tous se reposer pendant le trajet, et on verra en arrivant là-bas.


Elle baisse les yeux, évitant soigneusement nos regard, à Georg, Tom, Gustav et moi. Elle adresse un sourire triste au chauffeur, et nous suis pendant qu'on descend tous. Elle m'intrigue un peu. Je pense qu'elle sait qui on est, c'est évident, mais ça a pas l'air de la perturber. Elle ferme à clée et monte dans le van à notre suite. Elle s'installe timidement là où elle s'était assise les deux fois précedentes, dailleur là où j'étais assis avant qu'elle arrive, et elle fourre son sac sous la petite table devant elle. Elle glisse sur la banquette pour se retrouver la joue gauche contre la vitre, dos au sens de la route. Je me remmet à côté de mon frère, comme tout à l'heure, Georg se met en face de nous et Gustav et David en face de la tarée. Le bus démarre, je regarde les rues défiler, allume mon mp3 et me laisse bercer par la musiques. Il est 1h00 du matin, et on a encore du chemin avant d'arriver à Paris.

# Posté le jeudi 20 mars 2008 16:15

Chapitre 6

Point de vue d'Alice

Je regarde défiler les rues de ma ville par la vitre. J'ai les poummons remplis d'un air qui me fait mal. Mais pourtant, j'arrive pas à le sentir, c'est comme si le chagrin ne m'atteignait que physiquement, comme si mon esprit n'avait pas encore pris conscience du malheur qui s'abbat sur moi. Je n'arrive pas à pleurer, pourtant j'aimerais. Je suis comme une somnambule, épuisée. La douche chaude que j'ai pris ne pas pas lavée de ma tristesse. J'aimerais me libérer, mais je suis comme prisonnière. Le van quitte la ville. Personne ne parle. Je sens le regard du gars à la casquette dont je ne sais toujours pas le nom. Il me fixe, mais je m'en fiche. Je m'en fiche de tout ce qui se passe autour de moi. Je m'en fiche que mon père soit mort?
Et soudain ça arrive. Les larmes coulent lentement de mes yeux. Un vrai supplice. Des larmes acides, qui prennent le temps de sortir, et de couler. Des larmes perçantes, inefficaces. Ca ne marche pas. Ce n'est pas du vrai chagrin. Quand ma mère est partie, j'ai pleuré sur l'épaule de mon père, il me caressait les cheveux, et les larmes étaient abondantes, douces et salées. Ca allait mieux, j'acceptait la vie parce qu'il était là. Mais maintenant il n'est plus là, et il n'y a plus personne pour m'aider. Je suis seule, complètement seule. Je n'arrive pas à pleurer des vraies larmes parce que je n'arrive pas à guérir. Je ne peux guérir pour personne et personne ne peut m'aider à guérir. Je vais rester immobile, à pleurer ces larmes douloureuses et maigres, à ignorer la vie, à ignorer les autres. Ca durera toujours. Plus longtemps que l'éternité. Je vais rester malheureuse à jamais.
Je ferme les yeux, laisse couler les larmes. Je sais que le garçon a vu que je pleurait. Et sûrement David aussi. Ils n'osent rien faire. Ils devraient. J'aurai au moins l'impression de ne plus être seule. Les trois autres, je ne sais pas. Ils ne parlent pas. Je perçoit des léger mouvement, mais le vrombrissement du moteur, et surtout le bourdonnement incessant de mes neurones endolories m'empêche d'être lucide. Je laisse aller ma joue brûlante contre la vitre fraîche. Je laisse aller le temps.

Je marche dans la rue sombre. J'ai peur, je sais qu'on me suit, qu'on me regarde, et je suis là, toute nue, fragile, à la portée de n'importe qui. Ils arrivent. Les deux hommes. Ils sont défigurés par la haine, ils ont de grandes dents, et les habits déchirés. Ils ont du sang sur les mains. Ils m'aggripent, je hurle. J'apelle mon père. Mon bateau s'éloigne sur le fleuve, et je vois mon père, sur le pont qui me fait de grands signes en souriant. Je suis heureuse qu'il ne soit pas mort. Je le savais, c'était une erreure de la part des policiers. Les hommes me serrent contre eux et j'ai de nouveau peur. J'apelle mon père. Il est là, cette foi, sur le trottoire, à quelques mètres. Il va me sauver. Tout va aller de nouveau comme avant.

Mes yeux sont collés, j'ai mal à la tête, mais je souris, le coeur battant. Papa est revenu. J'ouvre le yeux, et la deception s'empare de moi. Je suis toujours dans ce satané van. En face de moi, David dort. L'autre n'est pas là. Je regarde par la fenêtre. L'aube arrive, veloutée. Il n'y a personne sur l'autoroute. On longe des forets, il y a de la brume, et pas encore beaucoup de lumière. Le ciel est rosée, mauve. J'attrape mon portable pour regarder l'heure, et me rend compte que je ne l'ai pas sortit depuis hier à midi. 6 appels en absence. Un message vocal, et deux sms. J'écoute le message.

" Bonjour, ici Monsieur Godot, commissaire à Paris 9ème. Si vous êtes la fille de Robert Delval, veuillez nous rappeler. Votre père a... message supprimé "

La migraine arrive, et une larme acide coule sur la joue gauche. Le premier sms est de Lucie: "alors, avec alex? il a kiffé? raconte moi tout."
Qui est Alex?
J'ai la tête lourde, je supprime le message sans m'en rendre compte. Le deuxième est de Alex: "fais de beaux rêves, et à demain, 7h45 devantle lycée! je compte sur toi! bisous". Putain. J'arrive plus à réfléchir, je viens de dormir un long moment. Il est 5h00 du matin.

Un portable vibre, David s'eveille en sursaut, et décroche, pendant que je me concentre pour déchiffrer son allemand.

- Mmmmh Allo?
- ...
- Oui, c'est presque réglé...encore quelques détails mais je gère...
- ...
- Oui on...on arrive dans Paris, on sera à l'hotel dans un quart d'heure.
- ...
- Ah oui merde... Non pas de dédicasse.
- ...
- Mais elles sont nombreuses?
- ...
- De toute façon on a eu assez de retard comme ça. On prend jusqu'à 9h pour se doucher et se préparer, et on annule tous les rendez-vous de presse qui ont lieu avant.
- ...
- Merci t'es vraiment cool. On passera par l'arrière. A tout de suite.


Il raccroche et presse son front de ses doigt. Puis il me regarde, l'air perdu. Je prend la parole. En anglais.

- Déposez moi à l'entrée de Paris, je me débrouille! Je suis déjà venue ici il y a quelques années, je connais!

Il soupire et me regarde.

- Non écoute je pense pas du tout que ce soit une bonne idée. Non pas que je m'inquiète réèllement pour toi, mais j'ai une conscience et...
- J'ai 18 ans! Je suis majeure! Vous n'avez aucun soucis à vous faire! Vous m'aurez oublié dés ce soir! Merci beaucoup de m'avoir déposé, de vous être occupé de moi vraiment, merci...


Je ne termine pas ma phrase et hisse mon sac sur mes genoux.

- Mais tu va faire quoi ensuite?
- J'ai toute la journée pour trouver un travail, ça devrai pas poser de problème! Il suffit que je trouve un motel qui accepte de m'avancer!
- Tu as perdu la tête jeune fille. On est à Paris ici! C'est pas un petit village, avec la gentille petite boulangère qui t'embauchera!


J'essaie de répliquer, mais perd mon souffle. J'ai pas la force de négocier. Pitié, qu'il m'obéisse.
Je me lève et titube lergèrement car le van ammorce un tournant. Je pose pour la première foi mon regard sur l'autre partie du véhicule. Celui avec les cheveux longs et lisse me regarde l'air ahuris, et le chanteur aux air de tapette me lance un regard mi-haineux, mi-méprisant. Je tressaillis devant cette violence. Les deux autres ne sont pas là, ils doivent dormir au fond sur les couchettes. Je m'aggripe au dossier de mon siège.

- Laissez moi ici je descend.

David se lève à son tour.

- Bon ça suffit maintenant, écoute moi. Je te propose de venir à l'hotel avec nous. On a beaucoup de rendez-vous pour la prommotion...Je sais pas si tu les as reconnu mais ces jeunes homme sont les Tokio Hotel et...
- Oui, je sais, je suis pas bète.
- On a toute une équipe de staff qui travaille en déplacement... Tu va passer la journée avec eux daccord? Tu parles plusieurs langues et tu es jeune, donc si tu cherche un travail...


Je le regarde, abasourdie. Moi, travailler dans l'équipe de coordination d'un groupe ultra-commercial?

- Mais je... je parle pas plusieurs langues, je suis nulle en allemand je...
- On parle tous allemand, tu va vite apprendre... Ecoute c'est pas définitif, on essaie daccord? Juste le temps que tu aille mieux et que tu décide de retourner chez toi repprendre tes études.
- Je...vous êtes dingue...Je...J'y retournerai pas...Mais je sais pas...


Ca va trop vite. Je me laisse tomber lourdement sur mon siège. Le garçon aux cheveux lisses me sourit d'un air engageant, et Bill a détourné le regard vers la vitre, l'air boudeur. Elle a quoi contre moi la tapette? Je regarde David et souris malgré ma migraine.

- C'est daccord, pour commencer.

Je lui tend la main, qu'il serre, et il se lève.

- On arrive à l'hotel.

# Posté le mercredi 26 mars 2008 16:14

Chapitre 7

David va a l'arrière du van pendant que, crispés, la tapette et son copain enfilent des lunettes de soleil. Je suis intriguée, et soudain je fais abstraction de tout, je met ma vie entre parenthèses. J'observe. Les Tokio Hotel dans un hotel. J'ai déjà eu un aperçu à la télé de la furie de leurs fans. J'immagine déjà le véhicule secoué dans tous les sens pendant qu'elles se jettent, hurlantes, sous leurs roues. C'est peut être un peu excessif. Le guitariste au dreads et le seul des quatres qui a eu de la considération pour moi arrivent, eux aussi munis de lunettes de soleil, suivis de David qui regarde sa montre.

- Pas de dédicasse, mais vous aller entrer tous les quatres par l'entrée principale, nous on fait le tour par derrière.

Le visage de chacuns des germaniques se renforgne, dans une expression identique. Le van ammorce un tournant, il y a un silence de deux secondes, et soudain, des cris se font entendre. Je tourne brusqument la tête pour regarder par la vitre du côté de Bill et de l'autre. Je vois l'hotel a quelques mètres qui s'approche dangeuresement, et peut être une centaine de fans qui se lèvent en criant. Mais au final, pas si effrayant que ça. Elles se ressaisissent vite, et s'alignent, autour du parvis, laissant leur sacs et vestes sur le troittoir, brandissant leurs appareil photo. Je lache:

- Quelle discipline!

Personne ne relève. Le véhicule s'arrête, David ouvre la portière et les garçons descendent un à un, tête baissée. Ils passent au milieu des fans déçues, et sont aussitôt receptionnés par un bonhomme bedonnant portant un t-shirt "staff" que je suppose être leur garde du corp attitré. David attend qu'ils soient bien entrés dans l'hotel, et fait signe au chauffeur de redémarrer.
Je m'assied sur le bord de mon fauteuil et aggrippe mon sac. Le van tourne au croisement suivant, et se gare. La rue est vide étrangement. David m'attrape l'épaule et mone montre une porte.

- On va rentrer par là, dépèche toi de passer ok?

Je descend à sa suite, suivie de près par le chauffeur, et on entre. Je crois qu'on est entré par la porte de service de l'hotel. C'est bizarre, sachant qu'on est censés être des clients. Un homme avec la même tenue que celui qui s'est occupé des Tokio Hotel, un talkie walkie à la main, arrive en courant. Il baragouine en allemand, j'ai du mal à comprendre. Puis il me désigne du menton.

- C'est elle?

David acquiesque et on emprunte tous un couloir qui nous emmène à une cage d'escalier. Pendant la marche silencieuse, je demande timidement:

- Qui est-ce?
- Oh oui excuse moi. Il est chargé de la sécurité et de la coordination. Il s'apelle Toby.
répond David.

Le concerné se retourne.

- L'hotel nous a passé une salle pour les réunions, elle est en haut des escaliers.

Il passe une clée à David qui la fourre dans sa poche, puis qui répond:

- Daccord. Ecoute je rejoins les garçons pour qu'on monte ensemble dans les chambres. Toi occupe toi d'Alice, emmène-la voir Robin il est au courrant. Ils s'organiseront pour les chambres.
- Aucun problème.


L'homme me fait un sourire que je qualifierai plutôt de grimace. Il n'a pas l'ai habitué de sourir à des filles. Le chauffeur et David continuent le couloir, tandis que je suis Toby dans les escaliers. L'étage du dessus a un sol en moquette rouge, et des murs jaunes pâles, chargés en décoration. Il y à d'autres escaliers à gauche, très baroques, et à droite un long couloir. Il me désigne le bout du couloir.

- C'est le hall de l'hotel. Evite d'aller par là-bas, les fans voient ce qu'il s'y passe.
- Et alors? Il ne faut pas?
- On évite de montrer les membres de l'équipe de sexe de féminin, et de moins de 20 ans, ça attise la jalousie...en même temps t'es la seule donc...


Il rigole à sa blague, pendant que je le regarde, sur mes gardes. Il s'arrête de rire, géné.

- Au fait bienvenue dans l'équipe. Et désolé pour ce qu'il t'arrive, David m'a dit.

Je baisse les yeux, me rappellant soudain de mon père. La boule dans ma gorge, que j'avais oubliée, est toujours là, encombrante. Je sens mes yeux s'humidifier, mais je force pour me ressaisir. Il ouvre une porte et on se retrouve dans une pièce avec des canapés et une grande table au milieu. Il y a une cheminée sur le côté, avec un jeune homme à lunettes qui fume, et assise sur un fauteuil, une brune aux cheveux courts. Ils lèvent tous les deux les yeux vers nous. La brune se lève, et je vois qu'elle est très bien habillée.

- C'est la nouvelle?
- Oui.
répond Toby. Je vous la laisse je dois aller rejoindre les autres.

L'homme hoche la tête pendant que Toby s'en va. Je me sens horriblement génée, avec mon sac de bagage à mes pieds. L'homme me sourit. Ils ont l'air assez jeune tous les deux.

- Tu parles allemand?
- Pas très bien.
- Tu apprendra vite tu verra. Je m'apelle Robin, et voici Julia. Tu va rester avec nous pour le moment daccord?
- Daccord.
- Alors je t'explique, on est chargé de tout ce qui est coordination et organisation des déplacements, et de l'emplois du temps du groupe. C'est beaucoup de travail, et tu ne sera pas de trop. On te présentera les autres plus tard, là on va s'occuper des chambres.


La brune incline la tête.

- Tu partagera ma chambre pour cette semaine. Pour les prochains déplacements, tu aura la tienne.
- Daccord.
- Suis moi, on va installer tes bagages.


On ressort de la salle et on prend les grands escaliers décorés. J'ouvre la bouche, puis change d'avis. Julia me sourit.

- Tu as sûrement pleins de questions, faut pas hésiter. Je sais ce que c'est, j'ai été stagiaire dans pleins d'entreprises! Tu t'apelles comment au fait? Et tu as quel âge?
- Alice, 18 ans.
- Ah daccord, tu es jeune! Ben ça tombe bien, Robin et moi on est les plus jeunes. J'ai 22 et il en a 21.


On monte jusqu'au troisième étage, et quand on arrive sur le palier, on tombe sur David accompagné de Bill et du petit à la casquette. Le producteur sourit à la brune.

- Salut Julia! Pas trop galère notre retard?
- Non c'est bon, on a eu le temps de refaire votre emplois du temps de la journée avec Robin.


Elle tend un papier à David qui l'attrape. Julia continue:

- Je montre la chambre à Alice.

Je sourit timidement à David, évitant farouchement le regard des deux autres.

- Daccord! répond David. Nous on attend Tom et Georg, et on va donner une interview en bas... Tu pourra présenter Alice à Kim aussi.
- Qui est Kim?


Julia me regarde.

- C'est en quelque sorte la styliste du groupe. Enfin pas vraiment. Elle s'occupe des sponsors pour les vêtements des garçons, les contrats avec les marques, tout ça...
- Oui et c'est un peu la meilleure amie de Bill. Elle est toujours là pour lui, pour lui réajuster son crayon qui coule et lui coller ses faux ongles!
ajoute le garçon à la casquette en rigolant.

Bill lâche un soupir et tape tu pied, en regardant le mur. Il m'agace. Julia continue à monter les escaliers, et je la suis en lançant un dernier sourire à David.
A l'étage du dessus, elle s'engage dans le couloir et s'arrête devant une chambre.

- Tiens, entre, installe toi. Ca te dérange de dormir sur le canapé-lit? J'ai déjà utilisé le lit cette nuit.
- Non, aucun soucis.


Elle ferme la porte derrière nous, pendant que je dépose mon sac à côté du canapé, et que je m'assied. Je soupire et enfonce ma tête dans mes mains.

- Hé ça va?

Julia s'approche de moi et me pose la main sur l'épaule.

- Ca pourrai aller mieux...
- Oh oui excuse moi, Robin m'a expliqué...
- Je...tout se passe tellement vite! J'ai l'impression de rien contrôler! De pas être maitre de ma vie! Tout ce qui m'arrive depuis deux jours, je fais que le subir, je fais que me laisser faire! Et c'est horrible...Je...j'aurai tellement aimé demander à mon père de rester avec moi...Mais je voulais qu'il s'en aille...Pour être seule avec Alex et...


Les larmes me montent aux yeux. Julia s'agenouille en face de moi.

- Je comprend ma grande. Mais il faut pas culpabiliser! Tu sais, j'ai perdu mon frère quand j'avais 14 ans, et ça a été très difficile...Mais on est tous faits pour mourir un jour...
- Oui mais là c'était trop tôt!
- C'est toujours trop tôt! Mais toi tu es toujours là, et il ne faut surtout pas que tu t'interdise d'être heureuse!
- C'est pas de ma faute...J'y arrive pas...
- Tu y arrivera avec le temps...


Elle me passe mes cheveux derrière les oreilles.

- Allez, souris, t'es tellement plus jolie!

Je grimace difficilement et essuie mes joues. Je me lève et regarde par la fenêtre. La chambre donne sur la rue, il y a toujours quelques fans en bas. La voix encore chagrinée, je demande:

- C'est quoi le programme de la journée?
- Aujourd'hui c'est tranquille,les garçons font seulement des interview qui ont lieu dans l'hotel. Nous, on prépare le programme de demain. Sachant qu'ils vont à Canal + et NRJ, on va avoir du boulo, il faudra voir avec la sécurité comment on s'organise avec les fans...
- Elles sont toujours là?
- Oui tout le temps, partout. Regardes, ils étaient censés arriver hier matin par l'avion, mais avec les imprévus, elles sont quand même réstées! Elles ont dormi devant l'hotel.
- J'arrive pas à comprendre.
- Je ne te cache pas que moi non plus. Tu aime bien Tokio Hotel?
- Euh...Je connais pas vraiment, à part leur clip où ils regardent un écran qui marche pas et où ils escaladent un immeuble...


Elle rigole.

- Comme ça t'apprendra à connaitre! Tu va bouffer de la mousson tu va voir.
- De la mousson?
- Tu comprendra vite...
- Au fait...comment s'apelle les deux autres? Celui avec les cheveux châtains, et le blond aux cheveux courts...
- Georg et Gustav?
- Ah oui voilà. Gustav c'est le blond?
- Oui.
- Il a l'air sympa...Enfin moins con que les autres.
- Je les connais pas trop je peux pas te dire.


Le soleil a monté, il fait assez chaud maintenant. Je retire mon pull et le dépose sur le dossier du canapé. Julia frappe dans ses mains.

- Bon! On retourne voir Robin en bas! Allez viens, ça va aller tu va voir. Il ya une bonne ambiance ici.

# Posté le mercredi 02 avril 2008 15:16

Chapitre 8

Point de vue de Gustav

Tom et Georg arrivent ensembles, en riant. On descend tous les 5 rejoindre le reste de l'équipe au rez-de-chaussée, et on va tout de suite dans une grande salle vitrée qui donne sur la cour. Il fait plus chaud qu'hier soir, et le soleil est là. Il y a plusieurs journalistes, des cameraman, des photographes.
Comme d'habitude je dirais. La routine.
Enfin presque, si on passe outre la mini-aventure de feuilleton télé d'hier soir. Je parle d'Alice. C'est bète, mais je suis content qu'elle reste encore un peu avec nous. Ca m'aurai fait chier qu'on la largue toute seule dans les rues, pour qu'elle se demerde. Le pire c'est qu'on l'aurait tout de suite oubliée. C'est ça qui me ferai le plus chier.
En ce moment je suis dans ma période de mûritude. Si ça se dit. Je rélféchis à pleins de choses. Je me dit que chaque personne sur Terre mérite de marquer l'esprit des gens. Et ça me fou en rogne quand je vois tous ces gens qui se déplacent pour nous, et qu'on oublie malgré tous nos efforts. Enfin, moi personellement, j'essaie de faire des efforts. Mais y'a tellement de visages. Tellement de rencontres. C'est même pas moi qui décide des noms, des visages, des voix qui méritent d'être retenues. C'est mon cerveau, il est conditionné. Il le fait automatiquement. Généralement, il retiens les producteurs, et les directeurs. Et pas les filles grelottantes qui parviennent à échanger quelques mots avec nous. Elles sont parties, on les oublie. C'est tellement triste. Je devrai écrire un livre la dessus. Un essai sur l'emprunte que laissent les gens dans l'esprit des personnalités. Au sens propre tu terme. Ca me rapelle les discussions avec la prof de littérature, au bahut, jadis. C'était y'a longtemps. J'irai pas jusqu'à dire que ça me manque. Au fond, de tous les gens qui font partie des masses (masses de fans, masses de journalistes, masse de personnels d'hotel, masse de photographes, masses d'hôtesses de l'air...) je dirait que les seuls individus des masses qui ont marqués mon esprit, c'est ceux que j'ai côtoyé avant tout ça. Les individus des masses d'élèves. Des masses de profs. Maintenant ça marche plus, je sature. C'est comme si mon cerveau avait une limite de gens à connaitre et à ne pas dépasser. Et du coup, il trie sur le volet. Généralement par interet lucratif (c'est pas moi c'est mon cerveau!).
Et puis Alice, elle va dans aucune masse. Je crois que c'est pour ça qu'elle m'intrigue. Et qu'elle énerve autant Bill. Il croit qu'il est le seul qui n'est pas dans une masse. Mais au fond, personne n'a le droit d'être moins dans une masse qu'un autre.
Bill il veut pas l'admettre, et il se l'avoue sûrement pas à sois-même, mais il arrive pas à la cerner, cette fille. Normal, vous me direz, puisqu'il la connait pas. Oui mais princesse Bill a normalement la capacité de cerner la personne au premier coup d'oeil. Car princesse Bill sait tout de tout le monde, sait tout du monde, sait tout des préjugés, des stéréotypes et des caractéristiques des masses. Tiens je suis tiré de mes pensées philosophiques par princesse Bill.

- Tu vois le gars là-bas? Sûr à 100% qu'il est pédé, qu'il a un caniche et qu'il s'est déjà branlé sur une photo de moi.

Je vous disais? Je sais j'ai toujours raison. Comme Bill.

On nous apporte des boissons, et on parle en attendant qu'on nous dise ce qu'on doit faire.
Après interviews, séances photos, etc... La matinée s'est écoulée. J'ai pas vu le temps passer, comme d'hab. C'est le ventre de Georg qui nous rapelle qu'à quelques mètres de couloirs, se trouve une immense salle de restaurant, et qu'on va pouvoir mordre goulument dans des hamburgers chaud et moelleux, garnis d'une délicieuse sauce ketchup, et accompagnés d'assiettes de frites dorées, croustillantes et fondantes. Trois regards, trois paires d'yeux croisent les miennes. Il est 13h00, et les Tokio Hotel pensent tous exactement à la même chose.
Et, comme un cadeau du ciel, David s'approche.

- Vous avez faim les garçons?
- OUAAAIIISSS!!
- Dommage, encore une interview, venez!


T___T
Il s'en va, fier de sa blagounette. Trop drôle. On le suit jusque dans le jardin de l'hotel. Il ya de l'herbe, des arbres, des oiseaux qui chantent, le ciel qui est bleu, le soleil qui nous réchauffe, les caméras et les spots dont les fils à rallonges courent jusqu'à l'intérieur de l'hotel. C'est beau la nature. C'est reposant. Une guèpe se dépose nonchalament sur l'avant bras de Bill. Je la chasse rapidement avant le drame. Il tourne la tête brusquement.

- C'était quoi?
- Un moucheron.
- Ok j'ai eu peur.


Je croise le regard complice de Georg, et l'interview commence. Il fait chaud. Une légère brise me rafraichis, et je regarde la belle pelouse, munie de belles fleures. Je m'égare encore dans mes pensées. N'empêche, le temps passe carrément plus vite comme ça. Dés que la caméra est coupée, Bill se lève en poussant un rugissement très paradoxalement viril. Il trottine jusque dans le restaurant, suivit de très près par son frère, puis par Georg ravi, pendant que je prèfère marcher, écouter mon ventre gargouiller et penser au réèl plaisir que j'aurai à manger et à profiter de cette chance que j'ai de pouvoir sentir lentement les aliments tomber dans mon estomac, au milieu de toute cette brusquerie. Vraiment, je crois qu'avec les garçons, on est tous daccord la dessus: Notre moment du repas est notre bénédiction du ciel. Il est sacré.


Point de vue d'Alice

La matinée a passé incroyablement vite. Robin et Julia m'ont expliqué tout le fonctionnement du travail qu'on a à faire, sur la coordination des déplacements du groupe. En fait c'est assez intéréssant. J'immaginais quelque chose de rébarbatif, mais pas du tout. J'en ai profité pour leur poser pas mal de questions que j'avais à propos du groupe. Ils m'ont toujours laissée indifférente, mais depuis hier, ils m'intriguent. C'est parce que j'avais jamais cherché à immaginer leur vie. Et maintenant que j'y suis confrontée, je me rend compte que pas mal de choses m'échappent. Julia et Robin sont vraiment sympas. Et ils arrivent à me changer les idées. L'ambiance est cool. On travaille en musique, et Robin a toujours des phrases débiles à sortir.
On descend jusqu'au restaurant pour le repas.
Il ya beaucoup de monde. Je repère tout de suite la table du groupe. Ils sont avec David, Toby, l'autre gars de la sécurité qui les avait acceuillis ce matin, et une blonde que je suppose être Kim. Sur une table à côté, se trouvent tout le reste de l'équipe de sécurité, avec les chauffeurs et les membres du staff, et deux hommes qui doivent sûrement êtres des producteurs. Nous trois, on s'installe sur une table vide. Je me met en sorte de pouvoir observer manger les "stars".
On m'apporte mon assiette. Il y a un grand brouahaha. J'interroge Julia.

- Il y a vraiment beaucoup de monde! C'est l'équipe Tokio Hotel qui prend autant de place?

Elle sourit.

- Oui, en quelque sorte! Regarde autour de toi...

Je fronce les sourcils et lance un regard circulaire. Il y a beaucoup de gens attablés, mais je ne leur trouve rien de particuliers. Il y a aussi pas mal de jeunes au bar, mais je trouve ça normal. C'est eux qui font le plus de bruit. Robin me dit.

- Toutes ces filles c'est les fans.

Je les regarde de nouveau. C'est vrai, maintenant qu'on le sait, on s'en rend compte. Elles sont toutes entrain de fixer les Tokio Hotel manger, en gloussant, et il y en a même certaines qui cachent discrètement des appareils photos. Je suis abasourdie.

- Mais...Elles ont le droit d'entrer?
- Logiquement non. Mais il y en a toujours une ...grosse poignée... qui arrivent à se demerder.
répond Julia.
- Comment elles font?
- Elles entourloupines les receptionnistes. Elles prennent des chambres. Elles se font pistonner.


Elle a dit la dernière phrase en détachant chaque syllabe, et en fixant d'un air réprobateur Robin. Il pique du nez dans ses frittes. Elle sourit, pendant que je l'interroge du regard.

- Cet été, Robin a plusieurs fois renseigné sur les déplacements du groupe, et fait entrer dans les hotels et festivals, une illustre inconnue accompagnée de sa bande de copines.
- Mais c'était pas une illustre inconnue! C'est la nièce de la mère de mon correspondant français du collège!


Je rigole. Julia sourit en coin.

- Il n'empêche que t'as faillis te faire virer.
- Oui maman.
- Mais ne répond pas comme ça! Si je te fait la morale c'est que je veux te garder comme collègue!


Ils échangent un regard complice. Je rougit, génée, et me replonge dans la contemplation des quatres adolescents au fond.

A la fin du repas, On a un petit laps de temps pour retourner dans les chambres. Je suis Julia jusqu'à celle qu'on partage, et on s'assied silencieusement. Je regarde par la fenêtre, et pense de nouveau à mon père. La boule de chagrin enffle encore, mes yeux me piquent. Je m'allonge et fourre ma tête dans un coussin, pour ne pas que Julia se sente encore obligée de me consoler. Mais c'est tellement dur. Et je me sens tellement seule.

Julia somnole, et je décide d'aller flâner dans les couloirs, pour penser à autre chose.
Le couloir est vide. Je me dirige vers les luxueux escaliers en colimaçons qui descendent à l'étage où je suppose se trouver les chambres de David et des Tokio Hotel. Dailleur je trouve Georg Bill et Tom accoudés à la rampe, en pleine discussion. Je passe à côté d'eux en leur lançant un mini-sourir, et en me disant que je dois paraitre vraiment conne à aller nulle-part.

- Attends!

Je me retourne, surprise. Tom s'avance et sort un billet de sa poche. Je le regarde, hallucinée. Il veut me payer? Il rigole devant ma tête de détérrée.

- T'emballe pas, je veux juste te demander d'aller m'acheter des clopes. Ca te dérange pas?

Je le regarde sans rien dire, la bouche entre-ouverte. Ils soupire en me tendant le billet. Je me reveille.

- Euh...oui j'y vais...
- Des lucky strike!


Je descend les escaliers pour aller dans le hall de l'hotel. Il y a encore et toujours une foule de fans qui campent de pied ferme dehors. J'essaie de prendre un air indifférent en sortant par la grande porte vitrée. Pourtant, j'entend immédiatement des exclamations.

- Oh la pute!
- Regarde elle a réussi à entrer dans l'hotel!!
- Fille de bourge!
- Sale groupie!


La peur me prend le ventre et j'accélère le pas jusqu'au bureau de tabac du bas de la rue. Il est bondés de filles qui s'affairent autour des magazines. Je sourit au buraliste.

- Bonjour!
- Bonjour! C'est la folie aujourd'hui! Dés que les Tokio Hotel viennent dans cet hotel, mon chiffre d'affaire se multiplie! Ces gars sont vraiment une aubaine.


Je rigole.

- Des lucky strikes s'il-vous plait!

Après être retournée dans l'hotel sous les cris des filles, je remonte les escaliers. Les garçons ne sont plus là. Je soupire. Puis je vois Toby qui sort d'une chambre. Il me vois et me sourit.

- Ca va?
- Oui...euh je cherche la chambre de Tom...Il m'a demandé de lui acheter des cigarettes et...
- Ah oui biensûr, c'est celle-la!
répond-il en m'indiquand une porte.

Il me fait un petit clin d'oeil et s'en va.
Je frappe trois coup et attend. La porte s'entre-ouvre et je vois une visière de casquette qui dissimule un regard sur la défensive. Quand il me reconnait, il se détend et ouvre completement la porte. Je lui tend son paquet et la monnaie. Il l'attrape.

- Merci.
- Les filles en bas croyaient que j'étais une fan qui avait pris une chambre dans l'hotel.
Je lâche en rigolant.

Il me lance un regard vide.

- Cool.

Ok, violent le cassage. Je reste immobile à le fixer dans toute sa hauteur pendant qu'il compte la monnaie. Puis il lève les yeux vers moi, sourit infimement en hochant la tête et ferme la porte. Je crois que c'est la première foi que je me sens aussi conne.

L'après-midi se déroule exactement comme la matinée, en compagnie de Robin et Julia, dont j'essaie d'analyser le comportement de l'un envers l'autre. A 18h45, on se retrouve tous dans la salle de réunion de ce matin, avec les canapés. Tout le monde est là, membres du groupe compris. On doit être une quinzaine. Impressionant. Je m'assied sur un canapé à côté de Robin, et David lance le bilan de la journée. Puis Julia présente le programme de demain. C'est soporifique. Dire que les garçons doivent assister à ça à châque foi. Les pauvres. Ils sont tous les quatre appuyés sur la cheminée, l'air profondément blasé.
Soudain une sonnerie très forte de portable retentit. Je met un moment à réaliser que c'est moi, et m'empare du téléphone, confuse. David me fait signe que je peux décrocher.

- Allo?
- Alice? C'est Alex!


Je met un moment à me réhabituer au français.

- Alex?
- Mais oui Alex! Ton copain! Enfin d'après ce que je croyais... ça va?
- Euh ouais et toi?


Je me sens confuse. Tout le monde se tait, sûrement à tester leur performance de compréhension en français. Je sens en particulier le regard pesant de Bill.

- Tu veux dire mis à part le lapin énorme que tu m'as posé ce matin?
- Le lapin?
- Alice! T'es où là? Tu me comprends quand je te parle? On avait rendez-vous devant le lycée ce matin!
- Ah...oh...je...je...


Ce retour brutal à la réalité m'assome, tandis que mon père m'habite de nouveau.

- T'es sûre que ça va Alice? Pourquoi t'es pas venue en cours?

Une envie subite de tout déballer me prend. De dire "j'ai faillit me faire violer, et mon père est mort", et de me faire plaindre, réconforter. Mais je croise le regard de Bill. Je sais qu'il arriverait à comprendre ce que je dirait. Je sais qu'il serai ravi de regarder avec un air de dédain et de dégout, cette pauvre gamine débile qui aime être le centre de l'attention. Je soupire.

- Je...ça va mais...Je suis désolée. Je...je préfère qu'on arrête là. J'ai pas envie de sortir avec toi.
- Quoi? Tu rigole? Mais c'était trop cool hier soir!
- Je...je sais mais...Laisse moi maintenant s'il te plait!
- Merde alors! C'est la première foi qu'on me fait le coup. On en discute demain au bahut ok?
- Je suis pas sûre de revenir au lycée. Salut Alex.


Je raccroche au bord des larmes.

# Posté le dimanche 06 avril 2008 14:41

Modifié le lundi 07 avril 2008 15:10

je veux pas faire ma chieuse mais... je veux vraiment plus de commentaires! je demande pas un nombre limite avant de mettre la suite (qui es déjà rédigée), mais je sais que vous êtes nombreuses à lire ma fic, et nombreuses à ne pas donner vos avis! ça ne coute rien, et quand vous me donner des critiques constructives, je kiffàdonf! c'est vraiment important pour moi.

# Posté le jeudi 10 avril 2008 13:42