POINT DE VUE D'ALICE
L'homme qui s'apelle David entre avec moi dans le commissariat. Il n'y a personne, juste une femme officier derrière le comptoir qui écoute la radio. Elle la coupe quand on rentre. David explique rapidement la situation. La femme me toise avec un air supris, mais quand elle croise mon regard elle se détend.
- Bon, on va déposer une plainte contre X, puisque vos agresseurs se sont enfuis.
- Daccord.
- Asseyez-vous. me dit-elle en levant les yeux vers David.
- Je vais fumer dehors... Alice c'est ça?... On t'attend et on te déposera chez toi ensuite.
- Oh merci beaucoup mais c'est pas la p...
La policière pianote sur sa table. Je me tais et David sort. La femme me pose des questions. Je lui raconte en détails la scène et décris les hommes.
- Ils vous ont fait du mal? Frappé...ou fait des attouchements?
- Ils m'ont seulement préssé le bras... Le monsieur est arrivé à temps.
- Dommage...
- Heuresement plutôt...
- Oui biensûr... Mais on a pas tellement d'accusation...
- Mis à part le fait qu'ils m'ont menacés avec un couteau?
Deux policiers arrivent de la porte du fond, des tasses de café à la main et s'asseyent à côté de leur collègue.
La femme reprend.
- Et vous fesiez quoi dans cette tenue, à cette heure-ci?
- Oh je sais que ça parait bizare, mais c'était imprévu que je sorte si tard, j'ai été retenue...et je n'ai toujours pas mes affaires sur moi...
Elle tape rapidement sur son clavier, puis s'arrête en se balançant sur son fauteuil.
- Bon...je vais prendre votre nom, votre âge, vos coordonnées...
- Oui biensûr... Je suis Alice Delval, née le 3 mars 1989...
- Vous êtes majeure...vous êtes domiciliée chez vos parents?
- Oui chez mon père, Robert Delval...
Un des hommes pose sa tasse de café.
- Robert Delval vous dites?
- Oui...
Il fronce ses sourcils et se penche sur la femme en lui chuchottant des phrases tout bas. Elle se pousse et il tape sur le clavier. Puis il relève la tête vers moi.
- Vous saviez ou étais votre père cette après-midi?
- Oui il étais à Paris il...
L'homme a un air grave. Je sens que quelque chose n'est pas normal. J'étais déjà allée dans un commissariat, en troisième quand je m'étais fait raquetter mon portable, et les policiers n'avaient pas fait un interrogatoire sur mon père. Il se gratte la gorge.
- Cette après-midi il y a eu des manifestations violentes dans un salon d'exposition... Et votre père était dans les manifestants...Il a été abattu par un policier, après lui avoir jeté des projectiles...
Je le regarde sans entendre. Je deviens sourde. Tout bourdonne de nouveau, la lumière baisse soudainement, car des tâches noires masquent ma vue. Je soupire vainement.
- Non...c'est impossible...Il y a erreur, mon père assistait seulement à une exposition il...s'il vous plait, vérifiez, vous faites erreure...je...s'il vous plaît monsieur!
L'homme contourne le comptoir et se penche sur moi.
- Non, je suis désolée mademoiselle, il est décédé cet après-midi à l'hopital.
- Mais non! ...On m'aurait prévenue! Je...
- On a sûrement du vous appeler, mais si vous n'aviez pas votre téléphone...
Je suffoque et sens des nausées monter. J'essaie de me lever, tandis qu'une boule énorme grossis dans mes poummons, dans mon oesophage, et ma cage toracique. Ma gorge se serre, je sens le malheur m'emplir.
- Mireille, apporte lui de l'eau.
Sa voix est sourde, masquée par le bourdonnement. Presque aussitôt, je sens un verre se coller à mes lèvres et de l'eau fraîche couler dans ma bouche. Je respire, reprennant mes esprits. Les larmes ne viennent pas, j'éssaie de ne pas penser à ce qui se passe. Je me lève. L'homme me pose la main sur l'épaule.
- Vous allez faire quoi? Rentrer voir votre mère?
- Non...j'ai pas de mère.
- Vous avez bien de la famille?
- Non...j'ai...j'avais seulement mon père.
Une sorte de colère m'envahis, mais bizarement, j'arrive à la refouler. Je n'arrive pas à réaliser, je suis comme une somnambule.
- Je suis désolée mademoiselle...Vous êtes majeure...On ne peut rien pour vous dans l'immédiat. Vous devrez procéder à des démarches à partir de demain...
Je n'entend plus sa voix. Je marche vers la porte, comme dans un rêve. Je l'ouvre, et me retrouve nez-à-nez avec David, qui descend de son bus.
- C'est bon?
- Mon père est mort.
Il ne répond rien. Je passe à côté de lui et monte dans le bus. Sans un regard pour les occupants, je m'assied au même siège qu'à l'allée. David monte derrière moi.
- Je... je ne suis pas sûr d'avoir compris ta phrase en français.
- My father is dead. Bring me to my boat please.
Il me regarde perplexe, ne sachant comment réagir. Je lui indique là où j'habite, et le bus démarre. Je sens les regards des pseudo-rockeur sur moi. Je les ignore. Quand on arrive devant mon bateau, je me lève et le fixe à travers ma vitre. Et soudainement, comme une avalanche, des milliers, des millions d'images, de souvenirs me reviennent. C'est trop dur, insupportable. Je ne peux plus le regarder. Je m'écroule sur le fauteuil, palpitante. Les larmes ne viennent pas, c'est encore plus dur. Je suffoque.
- Je... je ne peux pas...c'est impossible.
Silence.
David finit par se pencher sur moi.
- Tu vas faire quoi?
- Vous allez où, après?
- à Paris.
- Emmenez moi. Je veux juste partir le plus loin d'ici. Laissez moi à Paris, je me débbrouillerai là-bas.
Je ne rélféchis pas. Juste partir et oublier. Pourtant, c'est de mon père, et donc de mon chagrin vers quoi je me dirige.
L'homme qui s'apelle David entre avec moi dans le commissariat. Il n'y a personne, juste une femme officier derrière le comptoir qui écoute la radio. Elle la coupe quand on rentre. David explique rapidement la situation. La femme me toise avec un air supris, mais quand elle croise mon regard elle se détend.
- Bon, on va déposer une plainte contre X, puisque vos agresseurs se sont enfuis.
- Daccord.
- Asseyez-vous. me dit-elle en levant les yeux vers David.
- Je vais fumer dehors... Alice c'est ça?... On t'attend et on te déposera chez toi ensuite.
- Oh merci beaucoup mais c'est pas la p...
La policière pianote sur sa table. Je me tais et David sort. La femme me pose des questions. Je lui raconte en détails la scène et décris les hommes.
- Ils vous ont fait du mal? Frappé...ou fait des attouchements?
- Ils m'ont seulement préssé le bras... Le monsieur est arrivé à temps.
- Dommage...
- Heuresement plutôt...
- Oui biensûr... Mais on a pas tellement d'accusation...
- Mis à part le fait qu'ils m'ont menacés avec un couteau?
Deux policiers arrivent de la porte du fond, des tasses de café à la main et s'asseyent à côté de leur collègue.
La femme reprend.
- Et vous fesiez quoi dans cette tenue, à cette heure-ci?
- Oh je sais que ça parait bizare, mais c'était imprévu que je sorte si tard, j'ai été retenue...et je n'ai toujours pas mes affaires sur moi...
Elle tape rapidement sur son clavier, puis s'arrête en se balançant sur son fauteuil.
- Bon...je vais prendre votre nom, votre âge, vos coordonnées...
- Oui biensûr... Je suis Alice Delval, née le 3 mars 1989...
- Vous êtes majeure...vous êtes domiciliée chez vos parents?
- Oui chez mon père, Robert Delval...
Un des hommes pose sa tasse de café.
- Robert Delval vous dites?
- Oui...
Il fronce ses sourcils et se penche sur la femme en lui chuchottant des phrases tout bas. Elle se pousse et il tape sur le clavier. Puis il relève la tête vers moi.
- Vous saviez ou étais votre père cette après-midi?
- Oui il étais à Paris il...
L'homme a un air grave. Je sens que quelque chose n'est pas normal. J'étais déjà allée dans un commissariat, en troisième quand je m'étais fait raquetter mon portable, et les policiers n'avaient pas fait un interrogatoire sur mon père. Il se gratte la gorge.
- Cette après-midi il y a eu des manifestations violentes dans un salon d'exposition... Et votre père était dans les manifestants...Il a été abattu par un policier, après lui avoir jeté des projectiles...
Je le regarde sans entendre. Je deviens sourde. Tout bourdonne de nouveau, la lumière baisse soudainement, car des tâches noires masquent ma vue. Je soupire vainement.
- Non...c'est impossible...Il y a erreur, mon père assistait seulement à une exposition il...s'il vous plait, vérifiez, vous faites erreure...je...s'il vous plaît monsieur!
L'homme contourne le comptoir et se penche sur moi.
- Non, je suis désolée mademoiselle, il est décédé cet après-midi à l'hopital.
- Mais non! ...On m'aurait prévenue! Je...
- On a sûrement du vous appeler, mais si vous n'aviez pas votre téléphone...
Je suffoque et sens des nausées monter. J'essaie de me lever, tandis qu'une boule énorme grossis dans mes poummons, dans mon oesophage, et ma cage toracique. Ma gorge se serre, je sens le malheur m'emplir.
- Mireille, apporte lui de l'eau.
Sa voix est sourde, masquée par le bourdonnement. Presque aussitôt, je sens un verre se coller à mes lèvres et de l'eau fraîche couler dans ma bouche. Je respire, reprennant mes esprits. Les larmes ne viennent pas, j'éssaie de ne pas penser à ce qui se passe. Je me lève. L'homme me pose la main sur l'épaule.
- Vous allez faire quoi? Rentrer voir votre mère?
- Non...j'ai pas de mère.
- Vous avez bien de la famille?
- Non...j'ai...j'avais seulement mon père.
Une sorte de colère m'envahis, mais bizarement, j'arrive à la refouler. Je n'arrive pas à réaliser, je suis comme une somnambule.
- Je suis désolée mademoiselle...Vous êtes majeure...On ne peut rien pour vous dans l'immédiat. Vous devrez procéder à des démarches à partir de demain...
Je n'entend plus sa voix. Je marche vers la porte, comme dans un rêve. Je l'ouvre, et me retrouve nez-à-nez avec David, qui descend de son bus.
- C'est bon?
- Mon père est mort.
Il ne répond rien. Je passe à côté de lui et monte dans le bus. Sans un regard pour les occupants, je m'assied au même siège qu'à l'allée. David monte derrière moi.
- Je... je ne suis pas sûr d'avoir compris ta phrase en français.
- My father is dead. Bring me to my boat please.
Il me regarde perplexe, ne sachant comment réagir. Je lui indique là où j'habite, et le bus démarre. Je sens les regards des pseudo-rockeur sur moi. Je les ignore. Quand on arrive devant mon bateau, je me lève et le fixe à travers ma vitre. Et soudainement, comme une avalanche, des milliers, des millions d'images, de souvenirs me reviennent. C'est trop dur, insupportable. Je ne peux plus le regarder. Je m'écroule sur le fauteuil, palpitante. Les larmes ne viennent pas, c'est encore plus dur. Je suffoque.
- Je... je ne peux pas...c'est impossible.
Silence.
David finit par se pencher sur moi.
- Tu vas faire quoi?
- Vous allez où, après?
- à Paris.
- Emmenez moi. Je veux juste partir le plus loin d'ici. Laissez moi à Paris, je me débbrouillerai là-bas.
Je ne rélféchis pas. Juste partir et oublier. Pourtant, c'est de mon père, et donc de mon chagrin vers quoi je me dirige.