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Chapitre 3

POINT DE VUE D'ALICE

L'inconnu me fait monter dans un bus aux vitres teintées. Ca pourrait paraitre carrément suspect, mais je ne me suis toujours pas remise de mes émotions, et ne réfléchis pas vraiment. La première chose que je remarque, c'est qu'il fait frais. Ca me fait du bien, je ferme doucement les yeux en respirant, et sentant la légère climatisation souffler dans mes cheveux. Puis je les ouvre de nouveau. Le premier homme s'est installé au volant, et l'autre me sourit d'un air encourageant. Je cherche le troisième, celui qui est descendu un moment, et dont le visage était caché par une casquette, et je vois que le bus est aménagée comme un camping-car. Je ne cherche même pas à trouver ça bizzare. L'homme me dit de m'assoir, et referme la portière. Je rentre complêtement dans la partie aménagée, et reconnais tout de suite l'homme à la casquette, sur la droite. Je m'assied en face de lui, et colle ma joue droite à la vitre. Le bus démarre. Je souffle lentement, en essayant de reprendre mes esprit. J'ai encore les mains qui tremblent, sous la terreur, mais je me sens incroyablement soulagée. Je m'apprète à me relever pour aller remercier celui qui conduit et l'autre résté à l'avant du véhicule, mais une voix retentis.

- Ca va?

Le garçon à la casquette. Il a une drôle de façon de parler. Je lève la tête et le regarde. Il me sourit. Il me dit quelque chose, vraiment. J'ai l'impression de perdre la tête. Je passe ma main dans mes cheveux et répond, fébrile.

- Je...Oui...merci ça va aller, c'est bon maintenant, c'est finit...

Il me regarde, et je me rends compte dans son regard qu'il n'a pas compris ce que j'ai dit. A ce moment là, l'homme qui est resté debout parle derrière moi.

- Il ne parle pas très bien français.

Lui aussi à un accent. Je n'avais pas remarqué. Je tourne la tête vers ma gauche, pour lui répondre, et remarque alors deux autres garçons assis face à face, contre l'autre vitre. Je les reconnais. C'est les Tokio Hotel. Enfin, je suis sûre pour le gars avec les dreadlocks. La première pensée qui me viens à l'esprit, c'est qu'il n'y a pas le chanteur, celui qui ressemnble à une fille. Puis je me demande ce qu'il font là. Ils sont allemand, non? Ils devaient avoir un concert ce soir. Ca a du terminer à 21h. Pour que les gamines puissent se coucher tôt. J'ai envie de leur demander confirmation, qu'ils me disent que c'est bien eux, mais je croise le regard de celui avec les cheveux longs, et me rend compte qu'il se demande, justement, si je sais qui ils sont. Et je n'ai pas envie de leur donner cette satisfaction. Evidement, tout le monde sait qui ils sont. Mais eux ils ne le savent pas. Enfin je pense. Je me sens mieux, la peur est redescendue. Mais une drôle d'impression reste en moi. J'ai peur que les deux agresseurs me retrouvent, et que cette foi ils aient appelé tous leurs copains. L'homme resté debout se penche sur moi.

- Tu es sûre que ça va?
- Je...j'irai mieux quand je serai rentrée chez moi, avec mon père.
- Oui biensûr. Comment tu t'apelles?
- Alice.
- Daccord, moi c'est David. Excuse moi, je ne parle pas très bien français non plus.


Il me sourit et m'attrape le poignet. Il y a des traces rouges, là ou l'agresseur m'a serré.

- J'éspère que la police va les retrouver.
- Pas autant que moi.


Je soupire légèrement. Le chanteur avec les cheveux touffus arrive du fond du bus. Il ne me lance pas un seul regard et s'assied à côté de celui habillé en rapeur, en machant son chewing gum. Les deux, et le brun aux cheveux longs se mettent à parler allemand. Je cherche pas à faire l'effort de comprendre, ils parlent beaucoup trop vite. Je ferme les yeux en écoutant le vombrissement du moteur, sous le regard perçant du garçon à la casquette. J'essaie de me rapeller son nom, c'est Gunther ou Helmut. Une connerie dans le genre sûrement. Je suis sûre que le chanteur s'apelle Bill, et que le guitariste s'apelle Tom. Mais les deux autres, aucune idée. Je ne sais même pas de quel instruments ils jouent. Je les regarde. C'est bizare qu'ils soient là tous seuls, en pleine nuit. Normalement, ce genre de stars ont toutes une tripotés de techniciens, producteurs et photographes en permanence avec eux. Les trois se sont tus, ils regardent tous dans une direction différente. Je croise le regard de Tom, et tressaillis légèrement, puis détourne aussitôt mes yeux.


POINT DE VUE DE TOM

Le chauffeur a redémarré quand la fille s'est assise. Elle ne nous regarde pas, ni Georg, ni moi. Ses longues jambes fines tremblent. Elle parait fragile, mais elle me laisse un peu indifférent. Toutes les filles me laissent indifférent. J'en vois trop, de paires de nichons, de corps exités, qui se trémoussent, qui remuent, pour moi. C'est comme une lassitude. Gustav lui demande si elle va bien, en français. Il est con, il fait toujours le gars concerné, serviable, cool, avec les gens, mais pas avec nous. Je l'aime bien, c'est mon pote, mais j'ai l'impression qu'il me prend pour un débile parfois. Et c'est pas du tout le cas. Enfin je crois. David arrive à sa rescousse pour faire l'interprète.
Elle tourne la tête vers nous, et je fais vite mine d'être absorbée par la route qui défile. Elle n'a pas l'air étonnée de nous voir, et je me demande si c'est parce qu'elle ne nous reconnait pas, ou alors si c'est parce qu'elle est fan. Je vois dans le reflet de la vitre qu'elle a un échange de regard avec Georg. Je suis sûr qu'il fantasme sur elle. Lui c'est le contraire de moi. Plus y'a de fille, plus il est exité. Il a de la chance d'être célèbre, parce qu'il peut combler cette exitation. En même temps, si il était pas célèbre, y'aurai pas autant de filles pour l'exciter. Je réfléchis trop. David s'est penché sur la fille, me cachant mon magnifique champ d'observation, j'ai nommé la vitre du bus, et je suis obligé de la regarder directement pour la détailler. Bill reviens et s'assied à côté de moi.

- On y arrive bientôt au commissariat?
- Aucune idée. Je sais même pas si on va rester avec elle ni rien.


Je lui lance un regard insistant. Il soupire.

- Je sais que c'est grave et tout ce qui arrive, mais ça fait chier quand même. On a déjà eu suffisament de merde...Enfin je veux dire, ok c'est normal qu'on l'aide si y'avais personne mais c'est balo que ça tombe sur nous. Comme par hasard.
- C'est clair.
répond Georg

J'admire sa capacité d'adaptation aux points de vue des autres. Il a jamais de problème d'opinion, il est toujours cool et daccord avec tout le monde.
Bill se redresse sous cet appuis, comme rechargé en puissance, et continue sur sa lancée.

- Et puis putain, on se fait chier, que nous dans ce petit espace. J'ai tellement hâte qu'on arrive.
- C'est ta maquilleuse qui te manque?
dis-je d'un ton ironique.

Bill lève les yeux au ciel et Georg éclate de rire. Je souris. Bill n'est rien sans elle, elle est toujours là pour lui rectifier n'importe quel petit pet de travers. C'est son ange gardien.

- Bill est amoureuuuux? lâche Gerog.

Mon sourire s'efface et je fixe la vitre. Ca me noue le coeur, dés qu'on parle de la sexualité de Bill. J'ai l'impression que c'est le showbizz qui le rend pédé, et j'aime pas qu'on fasse des blagues là-dessus, surtout quand elles me donnent l'impression qu'il est hétéro. C'est déjà bien assez dur de le voir jouer toute la journée devant les caméras. Je me met à confondre rêve et réalité. Plus personne ne dit rien. Je regarde de nouveau la fille. Nos regards se croisent. Elle est mignone, mais elle a une tête un peu bizarre. Inhabituelle. Elle détourne les yeux, intimidée. Elle me reconnais, donc.
"Vous êtes arrivés à destinations". Le GPS emmet deux bip, et le van s'arrête devant ce que je suppose être un poste de police. David attrape la main de la fille. Quel pervers. Mais je remarque qu'elle la retire vite, fesant mine de réajuster sa robe. Ils descendent et je les regarde entrer dans le comissariat. Quelques minutes à peine plus tard, David ressort, seul, mais il reste sur le parvis, et se grille une clope. Bill trépigne.

- Putain il saoule! C'est pas le moment de fumer! On repart!
- Calme toi!


Bill soupire et enfonce ses écouteurs dans ses oreilles. J'entend le CD de Timbaland résonner. Je frappe à la vitre. David ne me vois pas, mais il m'entend. Il écrase sa clope et monte dans le bus.

- On y va pas?
- Non, on va la ramener chez elle quand elle aura finis sa déclaration.


Gerog et Gustav se taisent, mais je sens moi aussi l'impatience monter.

- Mais c'est bon! Je vois pas pourquoi on fait ça! On va arriver super tard à Paris!
- Ecoute, j'ai dit que je la ramenais, c'est trop tard maintenant. Et puis au point où on en est, une heure de retard de plus ou de moins...


Gustav rigole, Bill soupire et monte le son de son i-pod et Georg me propose une partie de DS que j'accepte avec un sourire.


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vos commentaires me font fichtrement plaisir, nom d'un allume-cigare!!
par contre je suis désolée de pas avoir été claire dans ce chapitre: BILL EST BIEN PD haha

# Posté le samedi 08 mars 2008 13:55

Modifié le mercredi 12 mars 2008 13:03

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